ID: INTERVIEW · SWITZERLAND

Schnautzi.

Le groove dans le corps.

Schnautzi raconte Dancehall Rave, une rencontre avec Warrior Queen et le choix de se consacrer à sa propre musique.

André Joye · Schnautzi
Schnautzi wearing sunglasses and a gold jacket. Photograph: Noémie Lacote.
Photo: Noémie Lacote

Des soirées dans les squats genevois aux sessions à Kingston, Dancehall Rave rassemble des influences que Schnautzi porte depuis l’adolescence. Le projet fait dialoguer musique électronique et culture dancehall, sans séparer le son des images et des corps. André Joye nous parle du signal très physique qui lui indique qu’un groove fonctionne, d’une voix qui l’a poussé à refaire son instrumental et d’un changement de cap après quinze ans d’accompagnement d’artistes.

Schnautzi est le projet du DJ et producteur André Joye, basé à Lyon après un parcours lié à Genève. Cet entretien pour notre édition suisse a été réalisé par e-mail le 4 novembre 2026, à l’approche du show Dancehall Rave à l’Usine à Gaz le 7 novembre.

01 / IN CONVERSATION

Deux cultures, une bannière

Schnautzi assis, vêtu d’une chemise à motifs, dans la fumée. Photo : Noémie Lacote.
Photo: Noémie Lacote

Qu’est-ce qui t’a donné envie de réunir tes différentes influences sous le nom Dancehall Rave à ce moment de ton parcours ?

Comme expliqué dans ce post, j’ai eu envie de rassembler deux de mes grosses influences sous une bannière.

Ayant passé mon adolescence à Genève dans les années 90, j’ai pu découvrir ces deux scènes grâce à une profusion de soirées qui se déroulaient dans des squats ou des salles alternatives. Et oui, Genève était la ville la plus squattée d’Europe à cette époque ! J’étais plus branché musique électronique, mais mon meilleur ami était à fond dancehall et reggae et il a contribué à faire ma culture !

02 / IN CONVERSATION

Le corps donne le signal

Quand tu construis un morceau à la croisée du dancehall et de la rave, qu’est-ce qui te fait sentir que le groove fonctionne ?

Si je commence à m’agiter dans tous les sens sur la chaise de mon studio, c’est plutôt bon signe. Mais des fois je me trompe, haha.

Si je commence à m’agiter dans tous les sens sur la chaise de mon studio, c’est plutôt bon signe.
03 / IN CONVERSATION

À la hauteur de Warrior Queen

Tu as sorti « Killy Killy » avec Warrior Queen. Qu’est-ce que sa voix a apporté au morceau que tu n’avais pas imaginé au départ ?

Je suis fan de Warrior Queen depuis que je l’ai découverte sur l’album London Zoo de The Bug avec le morceau Poison Dart. Après, j’ai eu l’occasion d’être en contact avec elle via mon boulot de label manager au sein de Dubquake Records, le label d’OBF Sound System.

J’ai donc profité de mon séjour à Kingston pour faire une collab avec elle. Je lui ai passé une première instru et elle l’a tellement défoncée que j’en ai refait une autre pour être à la hauteur de sa performance ! L’idée des paroles, une sorte d’introduction à la culture jamaïcaine, m’est venue lors de mon séjour. J’étais quand même bien largué !

04 / IN CONVERSATION

Le son, l’image et les corps

Schnautzi aux platines, devant une installation lumineuse. Photo : Marion Dardenne.
Photo: Marion Dardenne

À l’Usine à Gaz le 7 novembre, la danse et les visuels feront aussi partie du show. Qu’est-ce que leur présence change dans ta façon de préparer la musique pour la scène ?

Pour le live show Dancehall Rave, j’ai eu envie de retranscrire ce qui m’a matrixé quand j’ai découvert la musique club. Le son, mais aussi les couleurs, les images et surtout les corps qui se croisent et s’entrechoquent. D’où cette idée de rassembler la musique, le VJing et la danse dans un show.

05 / IN CONVERSATION

Toutes ses ressources pour son projet

Avec Argent Sale, tu accompagnes aussi la musique d’autres artistes. Qu’est-ce qui te donne envie de défendre un projet, même s’il est loin de ce que tu produis toi-même ?

Pendant plus de quinze ans, je me suis employé à accompagner des artistes « en développement » via la structure d’Argent Sale et le réseau que je me suis construit au fil des années.

Après ma maladie de 2021, je me suis remis à fond dans la musique et j’ai décidé de consacrer toutes mes ressources à mon projet. Donc je ne produis plus d’autres artistes. Je ne peux pas tout faire.

Mais j’ai vécu des moments extrêmement intenses pendant ces quinze années d’accompagnement artistique. Des réussites, mais aussi de grosses déceptions. Ayant été programmateur et en tant que fan de musique en général, je suis très ouvert au niveau des styles et des genres.

Interview by email · Editorial and image art direction: SCENE:ID. Noémie Lacote · Marion Dardenne